Humeurs Passées (Mai 08)

01.05.08

Humeurs Passées (Mai 08)

Permalien 06:19:00, Catégories: Humeur du Jour, Humeurs passées  

24,25 et 26 mai 2008

Une nouvelle République est née.On ne violera plus la Raie Publique que l'on devra oublier très vite.

Des circonstances très personnelles vont m'obliger à arrêter momentanément mes humeurs quotidiennes.Mais je reviens très vite .
C'est promis
A bientôt

23 mai 2008

Cent quatre-vingt et onzième jour sans Président de la Raie- Publique

Et deux jours avant l'élection de Michel Sleimane à la présidence. C'est le moment, je crois de remercier le gouvernement amoindri de M. Fouad Siniora pour tout ce qu'il a accompli durant plus de 18 mois sans les 5 ministres chiites et l'absence d'un ministre grec orthodoxe et l'assassinat d'un ministre maronite qui n'avait pas été remplacé :Pierre Gemayel.

Merci M.Fatfat pour vos prises de position en flèche, votre courage et votre pugnacité dans la défense de la République.
Merci M. Joe Sarkis Ministre du tourisme qui n'avez jamais douté de la vitalité du tourisme libanais et qui avez fait des projets alors que les risques nous menaçaient tous les jours.
Merci M.Tarek Mitri, pour avoir été un ministre de la Culture irremplaçable mais aussi un Ministre des Affaires étrangères brillant qui a défendu la cause du Liban à l'ONU et dans toutes les capitales arabes et étrangères. Même si le Ministre titulaire démissionnaire et non démissionnaire qui redevenait Ministre chaque fois qu'une personnalité arrivait à l'aéroport et qu'il plastronnait pour se faire photographier.
Merci M. Michel Pharaon, fidèle à votre poste, dormant au Phoenicia et bravant la mort plus d'une fois durant cette période étrange
Merci mon ami Marwan Hamadé, rescapé de la mort par miracle et qui êtes resté a votre ministère contre vents et marées, qui avez donné l'espoir quand les libanais étaient fatigués,qui avez amélioré le circuit du téléphone en plein marasme.
Chatt Chatt shanagalem M Oghassapian, qui aviez élu domicile au Sérail tout en poursuivant les affaires de votre ministère jour après jour.
Les enfants libanais ont pu présenter leurs examens en pleine crise et dans toutes les régions du Liban. Soyez en remercie, M Kabbani.
Et merci M Sabeh (Hassan de votre prénom) d'être revenu sur votre démission après les tristes événements des agressions contre la zone d'Achrafieh et d'avoir conforté les Forces de sécurité intérieure. Qui ont joué un si beau rôle dans la défense du citoyen.
Merci, mon ami Charles qui a pris tous les "Rizks" pour mener à bien le Tribunal International et lui donner des bases solides qui perdureront quelque soit le Gouvernement qui sera formé.
Merci Nayla Moawad, seule femme de ce gouvernement mais qui a travaillé comme dix hommes pour le salut du Liban, multipliant vos visites partout dans le monde. Vous avez été la digne héritière du Président défunt René Moawad.
Merci Elias Murr, digne fils de votre père mon collègue, et qui malgré l'attentat qui a failli vous coûter la vie, avez continué à lutter contre le mal et les malfaiteurs et qui avez porté sur votre poitrine de Ministre de la Défense, la médaille d'honneur de la victoire de Nahr el Bared.
Merci Nehmé Tohmé, d'avoir continué de rapprocher les réfugiés de la montagne et de les faire revenir chez eux. Merci de vous être divisé en quatre pour l'unité de la Montagne.
Malgré toutes les fatalités politiques et sécuritaires qui se sont abattues sur le Liban, l’économie s'est toujours bien portée avec une croissance de 3% en 2007 et un boom incroyable dans les prix de la construction. Merci Sami Haddad, Ministre de l'Economie.
Merci M. Azour Ministre des Finances d'avoir protégé la Livre Libanaise et d'avoir quand meme pu garder une confiance et une stabilité dans notre monnaie.
Parce que vous avez su maintenir l'unité des tripolitains et les gens du Nord derrière l'Armée libanaise lors de la guerre de Nahr el Bared, et d'avoir assuré la liberté de navigation dans tous les ports du Liban, M.Safadi vous devez être remercié du fond du coeur.
Merci mon très grand ami Ghazi Aridi Ministre de l'Information. Vous avez su malgré les difficultés dans les communications garder la liberté de parole et d'information parfaitement appliquée. Vos conférences de presse après chaque conseil des Ministres étaient une source d'information équidistante entre toutes les parties. Vous avez été menacé. Vous avez changé de domicile. Vous avez dormi dans un cagibi au Sérail. Comment peut-on s'abstenir de vous dire « Merci »?
Et, Pierre, tu es parti trop tôt assassiné sous les balles de sinistres bandits. Ton oeuvre est acclamée par tous. Avec ton grand Père et ton Oncle vous êtes trois Gemayel au ciel pour veiller sur nous. Toute la jeune génération à qui tu as donné l'espoir de lendemains meilleurs te remercie.

Et il reste vous Monsieur le Président du Conseil Fouad Siniora. Les Libanais - et moi à leur tête - n’oublieront jamais les larmes de tristesse que vous avez versées devant le parterre de tous les délégués arabes accourus pour nous aider lors de l'agression des israéliens contre le Liban. "Des Armes et des Larmes" était le titre de l'article que L'Orient-Le Jour m'avait fait l'honneur d'éditer. Vous nous aviez tous fait pleurer. Comme nous avons pleuré quand à Doha vous aviez pris la parole pour remercier ceux qui nous avaient aidés à refaire la paix nationale. Cet après-midi là vous m'avez fait pleurer.
Les libanais doivent vous remercier d'avoir résisté à la tentation de partir de votre poste au Serail. Pour la fatigue et les souffrances que vous avez endurées. Pour avoir fait front à toutes les insultes, les propos blessants qui vous avaient été adressés. Pour avoir préservé la démocratie au Liban pendant ces années de folie meurtrière, qui ont vu plus de 20 assassinats politiques,une guerre contre Israël, une guerre contre les terroristes et une guerre du Hezbollah qui avait failli faire culbuter la République Libanaise.
Le peuple Libanais, M. Le Président du Conseil, vous en sera éternellement reconnaissant.
En vous considérant comme un des plus grands Présidents du Conseil du Liban.
Merci

22 mai 2008

Cent quatre-vingt-dixième jour sans président de la Raie- Publique

Et trois jours avant l'élection de Michel Sleimane comme douzième président élu depuis l'Indépendance en 1943.

"Ils sont venus ils sont tous là quand ils ont entendu ce cri : On va élire un président
Ils sont venus ils sont tous la même ceux du fond de la Syrie Avec des cadeaux pleins d'argent ..."

Tels sont les mots que j'ai trouvés pour faire une parodie de la célèbre chanson de Charles Aznavour : "La Mamma". Et je suis sûr que le cher Pierre Gédéon aurait bien voulu la chanter au Théâtre des Dix Heures si ceux-ci existaient encore dans la formule des années 60 quand on avait également un général élu selon les normes de la République.

Que de choses vont changer. D'abord ma rubrique qui s'en donnait à coeur joie quand il y avait une majorité et une opposition. Car maintenant qui est la majorité qui est la minorité, qui va embrasser qui, le couteau à la main, qui va détester qui, le baklawa entre les doigts? "Oui qui a gagné, qui a perdu ?" La chanson continue. Mais la mort violente s'est arrêtée et çà c'est un acquis formidable pour chacun d'entre nous.

Le Comte de Berri a donc convoqué la Chambre dimanche 25 Mai à 17h pour l'érection Présidentielle (Non ce n'est pas une erreur de frappe. C'est prémédité car cette élection présidentielle va vraiment nous exciter, même si en jouir n'est pas l'unanimité).Et la date du 25 Mai porte beaucoup de choses en elle. D'abord dans les élections parlementaires de 1949, le 25 Mai a été le synonyme durant longtemps des élections les plus truquées au Liban, la tricherie ayant été le mot clef des résultats. Le Parlement élu alors devait reconduire le mandat de Cheikh Bechara El-Khoury.

Puis plus près de nous, le 25 Mai 2000, Israël a permis à Hezbollah de remporter ce qu'il a toujours considéré comme la victoire contre l'ennemi qu'il avait chassé du Sud Liban avec près de 5000 autres libanais accusés d'avoir été des collaborateurs de l'ennemi.

Mais accueillons cette élection avec toute la joie et le bonheur que nous pouvons avoir. Car elle met les pendules à l'heure non seulement pour les chrétiens du Liban privés depuis 190 jours de président de la République mais aussi pour tous les autres Libanais des autres confessions déboussolés par la vacance de la présidence puisque eux mêmes ne représentaient plus rien sans la présence du numéro 1. Car le Nº2 jouait le gardien des clefs de la Chambre et n'ouvrait à personne. Et le Nº3 était tenté depuis longtemps par une démission, que ses amis lui interdisaient de prendre pour éviter la vacance totale des institutions.
Le temps est à la joie et à la satisfaction. Nous ferons les comptes plus tard quand certaines blessures auront été guéries. Elles laisseront des cicatrices certes, mais elles ne feront plus aussi mal. Et qui sait? Même la cicatrice pourrait disparaître avec le temps qui apporte des guérisons formidables à toutes les balafres de notre corps, de notre coeur et de notre esprit.

Le Duc de Berri doit être content. Il a convoqué la Chambre pour l'élection le 25 mai. C'est la 20ème convocation. Quand je vous disais que le mauvais élève courait toujours après son 20/20. Eh bien il l'a eu!

Et je dois aussi faire mes excuses au "Vain mousseux" comme je l'avais appelé après ses va et vient inutiles. Car depuis hier, le "VIN Moussa!"... c'est du champagne.

"Réapprendre la Paix" titre Issa Goraieb dans son édito.
C'est facile. Nous avons deux voisins immédiats. Quand ils nous f... la paix, on réinventera la paix.

Les chiens policiers à Paris vont porter des chaussettes pour protéger leurs pattes. Les chiens n'ont jamais eu le moral aussi..."bas"

Un japonais avait un perroquet qu'il a dressé de façon à lui apprendre où il habitait. Il a perdu son perroquet et les policiers l'ont retrouvé et ils l'ont entendu répéter une adresse. Qui s'est avérée être celle de son maître. Quelle adresse!

L'actrice Jessica Alba convole...et son fiancé Cash Warren "vole-l-con". En payant ...cash.

21 mai 2008

Cent quatre-vingt-neuvième jour sans président de la Raie-Publique

Ce titre par lequel je commence mes humeurs quotidiennes depuis le 23 novembre 2007 semble être voué à disparaître dans ces deux jours puisque la "fumée blanche" comme on l'appelle doit en principe s'élever dans le ciel de Doha des ce matin après la lecture de l'accord auquel sont parvenues les différentes parties réunies dans la capitale Qatari.
C'est pas grave: je trouverai autre chose...

J'ai souvent utilisé les mots de la chanson de Bécaud : "Qui a gagné, qui a perdu,je ne sais pas je ne sais plus et je reste les mains nues... "Chacun va se rappeler ces mots après l'accord intervenu durant la nuit si longue au Qatar.

Car moi je n'ai pas de soucis que les arméniens soient élus à Rmeileh ou à Bourj Hammmoud, je n'ai que faire si le maronite de Tripoli soit transféré à Batroun car il n'y a que 500 électeurs maronites dans la Capitale du Nord, cela ne m'intéresse pas qu'à Baalbeck Hermel les chiites choisissent un maronite et que les maronites de Jezzine choisissent le chiite au Sud.

Bien sûr que l'on doit avoir une loi électorale qui change à mesure que changent les données électorales dans ce petit pays. Alors pourquoi revenir à la loi de 1960 (on votait pour 66 députés alors...) quand on a chargé un des esprits politiques les plus capables, (je parle de M. Fouad Boutros), de réunir un groupe de législateurs qui ont travaillé des mois et des mois pour sortir une loi électorale à plusieurs facettes, regardant vers l'avenir du Liban et qui aurait dû être votée par ce Parlement si son chef n'avait pas escamoté la clef de la porte d'entrée afin de permettre aux députés de discuter à la place de l'Etoile et non dans les couloirs de l'hôtel Sheraton à Doha de l'avenir de nos parlementaires.

On a beau retourner le problème sous toutes ses faces, je ne trouve personnellement que deux responsables à notre situation actuelle: le président Nabih Berri qui a carrément fermé l'accès du Parlement aux députés élus selon la loi électorale en vigueur à l'époque, et fait capoter toutes les tentatives d'élection du président de la République: le découpage électoral valait il tout cet atermoiement?

Le deuxième responsable est le général Aoun, qui n'avait qu'une seule idée dans la tête: se faire élire président de la République poussant jusqu'à demander au médiateur qatari de biffer le nom de Michel Sleimane dans le "draft" des points d'accord. Jusqu'a la dernière minute il aura lutté pour sauvegarder ses chances d'être élu. Retardant également les décisions du dialogue de Doha.

Je viens de voir en direct de Doha, la déclaration de la fin des "hostilités" des parties en présence. Mais que voulez vous, le mot de Fouad Siniora m'a amené les larmes aux yeux car l'on sentait que c'était là des mots d'adieu personnels également car je doute que le Président Sleimane le nomme Premier ministre. Et quand il a terminé, j'ai applaudi seul dans mon bureau. L'homme sera reconnu comme un des plus grands Premiers ministres que le Liban a connus. Et on n'oubliera jamais ses larmes quand il avait évoqué les victimes de l'attaque israélienne lors de la guerre de Juillet 06. Merci monsieur Siniora.

Festival de Cannes
La paix ayant été signée, je pense que ce sera mon dernier paragraphe comparatif avec les titres de films.
- Le Repos du Guerrier, en l'occurrence Fouad Siniora qui prendra une retraite méritée.
- Les Miracles n'arrivent qu'une fois (avec Jean Marais). Vrai miracle en effet que cet accord de dernière minute et on espère que nous n'aurons jamais plus l'occasion d'avoir besoin d'un miracle pour nous mettre d'accord.
- Justice est faite (1950-Andre Cayatte). Et que Dieu sauve les Justes

20 mai 2008

Cent quatre vingt huitième jour sans président de la Raie-Publique

Iran, Syrie, Irak, Israël...tous ces pays sont cités chaque fois que l'on parle de la crise libanaise. L'Iran tout simplement parce que c'est le pays qui est le plus impliqué dans la crise que nous vivons .C'est le parrain de Hezbollah et tous le déséquilibre interne vient du fait que le Hezb est armé beaucoup plus que sa qualité de parti libanais ne le lui permet.

La Syrie, bien sûr qui de tout temps refuse que le Liban soit indépendant et les 19 premières années de notre Indépendance ont été marquées par des ingérences appuyées dans notre politique. Déjà Gouraud avait été obligé en 1921 d'arrêter les attaques des troupes syriennes à Maysaloun. Et la Syrie ne pardonne pas la gifle que le Liban lui a infligée le 14 mars 2005.Elle tient peut être sa revanche.

L'Irak car c'est devenu depuis l'entrée en guerre des USA, l'exemple typique pour les parties anti-gouvernementales au Liban, le désir d'irakisation devenant de plus en plus à l'ordre du jour. La dernière guerre que Hezbollah a livrée contre le Liban en général et contre les sunnites en particulier augure de cette idée d'irakisation de notre pays.

Israël... N'en parlons pas. Il est à l'antithèse de la formation même de l'Etat d'Israël fondé sur la présence d'une seule race et d'une seule religion alors que le Liban est l'exemple tant jalousé où coexistent 19 confessions religieuses différentes qui avaient toujours vécu en paix et où l'Etat d'Israël cherche à déstabiliser les différentes composantes de cette mosaïque qui ne demande qu'à vivre ensemble

Alors au hasard des décennies et des crises, les Libanais se divisent et se réfugient dans le giron de ces voisins immédiats, tandis que d'autres, nostalgiques, regardent vers "notre mère clémente, la France "ou définitivement vers le pays de Bush que visite le patriarche qui a sans doute vu durant son voyage plus de chrétiens dans la diaspora que dans le pays des Phéniciens.

Comment voulez vous donc que les récipiendaires de notre destin puissent se mettre d'accord quand tout mais vraiment tout les divise? Le très grand problème restant bien sûr l'attitude ambiguë de Michel Aoun qui ne perd toujours pas l'espoir d'être président de la Raie-Publique.

On comprendra dès lors pourquoi l'Emir de Qatar se met en QUATRE pour résoudre le noeud gordien de la crise libanaise. Ce matin, il y une luciole d'espoir que l'on arrive à un accord ,la majorité ayant donné du lest pour que le ballon s'envole enfin dans l'euphorie générale. PRIONS!

Image étrange de Nabih Berry dans sa dechdaché avec les pantoufles de la salle de bains aux pieds. Ce n'est plus le Président de la Chambre mais le président de la Chambre ...d'hôtel.

Le spectacle des politiciens réunis à Doha m'inspire une partie d'échecs mais avec d'autres appellations à part le mot "échec" qui semble être interdit à Qatar. Voici les nouvelles appellations de mon nouveau jeu
- Emir à la place du Roi en hommage à l'Emir de Qatar
- La Reine : à écrire" l'arène" car c'est à un véritable combat de matadors et de taureaux auquel on assiste à Doha
- Tour : comme chaque "tour" que veut jouer la majorité à la minorité et vice versa.
- Fou : chacun des Libanais qui croit encore que le Liban est vraiment indépendant dans ses décisions.
- Cheval: ou plutôt "a cheval" sur ...des principes surannés et que les Libanais en ont leur claque d'écouter
- Pion:chaque libanais est un pion hélas !!!

Festival de Cannes: D'abord bravo Khalil Joreige et Joanna Hadjithomas qui ont eu une standing ovation pour leur film "Je veux voir" avec Catherine Deneuve. Bravo

Quant aux films qui résument notre situation, je vous propose:
-Mission Impossible, devant les désaccords constants entre les politiciens.
- Nous sommes tous des Assassins (Andre Cayatte 1952) de ce Liban sans défense.
- Le Président (Jean Gabin 1961). Denrée introuvable au Liban

19 mai 2008

Cent quatre-vingt septième jour sans Président de la Raie- Publique

Il n'y a plus de places dans les hôtels de Doha tellement les Libanais qui veulent avoir droit au chapitre sont nombreux dans la capitale Qatari. Brave Amr Moussa qui ne mousse plus hélas, tellement il est émoussé par les conditions et les contre conditions des uns et des autres. Et le Cheikh Hamad n'est pas mieux logé lui qui fait un stage de l'incongruité de la situation libanaise, malgré tous les efforts louables qu'il entreprend, pour rapprocher les points de vue.
Et au moment où j'écris cette humeur, un flash d'information nous raconte que la minorité (qui se fait appeler opposition parce qu'elle s'oppose à tout...) a rejeté les propositions de l"Emir de Qatar (élection du Président puis discussion des autres points...)

Les paraplégiques massés à l'entrée de l'aéroport lors du départ des politiciens libanais portant des écriteaux disant : "Unissez vous ou ne revenez pas." avaient raison.
Et ce serait bien d'en arriver là, car à part quelques figures de proue qui pensent à l'avenir du Liban et non point à leur propre avenir, tous les autres devraient rester à Qatar ou ailleurs et nous débarrasser de leurs points de vue politiques qui n'aboutissent qu'à une seule chose : retarder la solution au Liban.
Je ne comprends toujours pas comment tous ces gens là ne sont pas d'accord de mettre un Chef à la tête de l'Etat alors qu'ils sont tous d'accord sur la personnalité devant occuper cette place.

Et j'ai une question. Nous butons (pas dans le sens buter = tuer ...) sur la question du "telt al Mou3attel" le tiers de blocage. Et l'opposition veut absolument commencer par l'adoption de cette règle avant d'aller plus loin. Question : si la règle est établie et que les élections prochaines donnent une majorité à la minorité actuelle, l'opposition actuelle devient la majorité : accepterait-elle alors de donner le tiers de blocage à la minorité future? J'en doute. Car cette majorité là aura pour première tâche de freiner le Tribunal international sur les recommandations de la Syrie, première nation préoccupée par les conclusions du tribunal.

La seule erreur de l'Emir de Qatar c'est de n'avoir pas commandé des appareils pour les sourds. Car nos politiciens suivent l'adage suivant : il n'y a pas de plus sourd que celui qui ne veut point entendre.

Voici le menu servi à l'opposition dans la salle à manger du Sheraton:

Hors d'oeuvre : Hors du sujet
Croque messieurs...de la majorité
Tourne (le) dos à toutes les propositions
Salade de carottes pour carotter toutes les décisions
Comme cela se passe à Doha, ils seront privés de "désert"

Un chiffre redoutable dans une enquête de L'Orient Le Jour : il y a 300.000 émigrés libanais au Canada.
Notre crainte est que ce chiffre n'augmente terriblement après le dernier round de Hezbollah à Beyrouth ouest.
Les Libanais allant là bas diront aux Canadiens : "Ottawa de là que je m'y mette." ( vous comprendrez aisément pourquoi je suis chauve : c'est tellement tiré par les cheveux,que je ne mets même pas à "Vent-Couver")*

Festival de Cannes
-La Belle Américaine (de Lelouch). Si vous avez vu la ravissante Angelina Jolie attendant un bébé.
-Vertigo (de Hichcock) c'est ce qui atteint le pauvre Emir Hamad du Qatar
- La Terre Qui Meurt avec Madeleine Renaud (1926) In memoriam Liban éternel.

* Dédié à mon ami et lecteur assidu Oswald Mamo au Canada.

17 mai 2008

Cent quatre-vingt cinquième jour sans Président de la Raie- Publique

Liban : Capitale Doha.
C'est ainsi que je ressens la situation en ce jour où tous les protagonistes principaux de la crise libanaise se réunissent soit pour revenir avec une solution libanaise soit vers une... dissolution du Liban tel qu'on l'a vécu.
Mais vivons d'espoir car le nombre de personnes qui se sont déplacées vers le Qatar est impressionnant. Et si ces personnes qui tirent chacune vers son côté de la corde dans l'espoir de faire tomber l'autre côté, ne se mettent pas d'accord sur un minimum de consensus que tous devront respecter, alors salut les copains, pensons à une autre patrie!
Pour moi, la chose se résoudrait en une seule résolution : mettre fin à la présence armée de Hezbollah et mettre le tout sous la tutelle de l'Armée.
Encore faut-il que le Président de la République, en l'occurrence le Général Sleimane, puisse vraiment boucler les choses pour interdire toute chienlit future dans la situation locale. Car les jours passés ont prouvé que le véritable Président de la République n'était autre que Al Sayed Hassan Nasrallah, qui a pris la décision d'entrer en guerre. Décision qui ne revient dans les structures politiques qu'au Président de la République. Peut-on s'imaginer par exemple que Lionel Jospin puisse déclarer la guerre à l'Allemagne?
Bref laissons les délégués au Qatar nous concocter un accord. En espérant aussi que la" Guerre de Huit Jours" que l'on vient de connaître sera celle qui mettra un terme à toutes les autres prochaines guerres.

Aujourd'hui 17 Mai. Un anniversaire dans la longue liste des anniversaires de la guerre du Liban. C'est la signature de l'accord avec les israéliens après la guerre avec Israël et que l'Ambassadeur Philip Habib avait concocté. Et qui avait de nouveau mis le feu aux poudres avec l'armée syrienne. Un anniversaire qui était durant longtemps l'occasion de manifestations des partis pro-syriens. Et pourtant c'était là à l'époque un accord qui aurait été le départ des paix régionales.

Incroyable, mais vrai. A peine la nouvelle de l'accord sur la conférence décidé, les actions de « Solidere » grimpent d'une façon spectaculaire. Ce qui prouve que les grands financiers restent ...solidaires de notre économie.

Le port de Beyrouth a repris ses activités. Même si nous sommes sortis du "bordel" sécuritaire, au port, très vite ...les "grues" ont repris le travail.


Un robot chef d'orchestre pour la première fois aux USA. Beethoven a dû se retourner dans sa tombe. Si on pouvait l'inviter à mener les débats "cacophoniques" à Doha on arriverait vite à accorder nos violons.

Festival de CANNES
- C'est le film "Conte de Noël" qui a fait la sensation hier à Cannes. Essayons de prier que nous vivions notre Conte de Noël à l'avance avec pour cadeau : LA PAIX
-"La proie pour l'Ombre" (d'Alexandre Astruc) : est-ce le cas pour les délégués du 14 Mars qui se feront bercer par les mirages du désert de Doha?
-"The Wrong Man" (de Hitchcock)- Est-il question du mauvais choix du Futur Président ???

16 mai 2008

Cent quatre-vingt quatrième jour sans Président de la Raie- Publique
Et je l'espère dernier jour de la République en déroute.

Le 10 Novembre 1630, les adversaires de Richelieu dormirent tranquilles croyant que le Cardinal était définitivement disgracié par le Roi Louis XIII. Et pourtant, le lendemain, ils le retrouvèrent tout puissant. Que s'était il passé? Soutenue par le"parti dévot" favorable à l'Espagne(...) Marie de Médicis s'opposait à Richelieu hostile à la maison d'Autriche (...) Elle crut avoir obtenu de Louis XIII, après une scène violente, le renvoi du Cardinal et les amis de la Reine mère se partageaient déjà les places. Mais Richelieu, vaincu au Palais du Luxembourg, résidence de Marie de Médicis, l'emportait dans l'esprit du Roi au rendez vous de Versailles. Marie fut exilée, ses partisans châtiés et le roi conserva toute la confiance de son Ministre.
On appela cette journée "LA JOURNEE DES DUPES"

Quand on analyse ce texte, on a l'impression aussi qu'on lit un peu ce qui s'est passé au cours de la semaine qui vient de se terminer et à laquelle on peut appliquer le nom de "La Semaine des Dupes", car - comme dit la chanson de Gilbert Bécaud - "qui a gagné ,qui a perdu, je ne sais pas je ne sais plus, et moi je reste les mains nues... Je reviens te chercher..."

Car toutes les parties sont dupes et toutes les parties ont gagné et toutes les parties ont perdu.
Le plus grand perdant toutefois, est le peuple Libanais qui a perdu ses horizons, sa définition, ses espoirs et ses illusions.
Il n'a pas encore perdu son Pays. Et son Pays a tout perdu.
La majorité a perdu la face, elle a des cartes en mains, elle va élire un Président mais après l'entame des négociations
La minorité a perdu car malgré les apparences guerrières qui dénotaient une sorte de victoire à Beyrouth, elle a perdu à la montagne, elle a été éliminée au Nord et surtout, surtout Hezbollah a perdu sa crédibilité d'être le Parti de la Résistance pour ne devenir qu'une piètre milice qui a causé une guerre intestine qui l'a complètement démonétisée auprès des Libanais et des Pays arabes.
Le plus grand perdant cependant c'est le Général Michel Aoun qui croyait que l'on accepterait d'ouvrir les débats pour une candidature libre pour l'élection présidentielle.
Son rêve de Présidence est définitivement écarté. Cela le mènera-t-il à changer ses alliances?
En conséquence nous venons de vivre une semaine inutile, qui a tant fait perdre au Liban.

Rendez vous à Qatar donc pour entamer enfin le dialogue entre les libanais qui ne peuvent pas parler ensemble sans intermédiaire. Il était temps. Comme dit le proverbe : "Mieux vaut Qa...tard, que jamais"

Trois avions ont été affrétés pour emmener les protagonistes, les adjoints et les journalistes qui veulent couvrir cet événement important. Pour couronner leur joie, les journalistes vont...s'envoyer en l'air.

Kassem, le Vice de Hezbollah est pour un compromis sans vainqueur ni vaincu. D'abord il faut conséquence qui sera le com(n)...promis.
Et je préfère personnellement avoir "vingt coeurs" plutôt que "vingt culs".

J'aime le titre de l'édito de Issa Goraieb "Doha à Z". On peut passer toutes les lettres de l'ABC en donnant à chacune sa signification comme A pour Armes, B pour Beyrouth Libre,
F pour Finir la crise, Z comme Zut c'est fini la guerre. Mais pourvu que tout le dialogue s'attarde sur la lettre L initiale de LIBAN éternel, libre indépendant et espérons le un jour ACONFESSIONNEL.

Au Festival de Cannes on montre « Valse avec Bashir », un dessin animé d'un cinéaste israélien qui promet d'avoir la palme. Espérons que ce ne sera pas là une propagande anti libanaise et iconoclaste.
Et voici les films que je vous présente pour définir ce qui se passe au Liban:

- Le Corniaud, définition du Libanais de tous bords devant la connerie quotidienne qu'on lui impose.
- Allez coucher ailleurs (de Howard Hawks) aurait on dit au Premier Ministre de Qatar qui voulait entamer le dialogue libanais.
- Les Carottes sont cuites. Est ce le film que Fouad Siniora a visionné hier après l'annonce des conditions du dialogue interlibanais?

15 mai 2008

Cent quatre-vingt troisième jour sans président de la Raie-Publique et septième jour de la république en déroute.

Soudain dans la nuit j'entendis des tirs nourris. Venant de Dahyé évidemment puisque deux minutes plus tôt, le ministre Aridi, très grave, a déclaré à la télévision que le gouvernement avait décidé d'annuler les décisions concernant la sécurité de l'aéroport et le circuit des télécommunications qu'il est en train de mettre en place et qui couvre selon certaines sources près de 100.000 lignes. Tirs nourris pour proclamer la guerre. Tirs nourris pour fêter la victoire. Drôle de civilisation. Mais c'est vrai que la capitale de ces gens là c'est ...Tyr (et tyr nourri en plus...)

Et puis j'ai vu sur Future Mohammad Salam, qui a trouvé la nouvelle appellation de Hezbolah en Hezb al Silah (le parti des armes, repris avec plaisir par l'élégant député de Tripoli).Et qui a insisté en regardant la caméra de face pour avoir un nouvel aéroport afin de permettre aux Libanais de voyager en paix et en sécurité. Et de parler de l'aéroport de René Moawad. (c'est un peu loin pour les habitants de Beyrouth non?) Mais il reprend ce que j'avais dit au lendemain de la fermeture de l'aéroport Rafic Hariri. Un autre aéroport est une nécessité absolue.

Puis on a vu apparaître ce cher Farès Khachan obligé de vivre en cachette à Londres car il y a un prix sur sa tête. Lui est également sorti de ses gonds d'une façon si violente que même le placide Ali Hamade en a été décontenancé.

Sur le plateau il y avait un sunnite, un maronite et un druze. Il manquait un chiite. Hélas, ce quatrième joueur essentiel à la définition du Liban pluri-confessionnel tardera à venir participer à ces débats. On ne donnera plus aux Libanais le bon Dieu sans ...confessions

Mais personnellement j'ai une théorie. Abracadabrante peut être, mais qui pourrait ternir le cap. Pourquoi "out of the blue"comme on dit en anglais, Walid Joumblat a-t-il sorti les documents concernant la sécurité de l'AIB et l'accusation contre Wafic Shoucair?

Pourquoi le gouvernement prenant acte de ces accusations,entérine des décisions qu'il savait pertinemment bien qu'il ne pouvait pas appliquer? Et qui ont eu pour résultat la situation que l'on subit depuis le 7 mai?
Le résultat aujourd'hui c'est que les choses ont bougé:

1- L'image du Hezbollah est ternie auprès de toutes les autres parties dans laquelle je comprends facilement 500.000 chiites qui ne veulent absolument pas que l'on fasse l'amalgame Chiite = hezbollahi =terroriste.

Elle est également ternie dans tous les pays arabes et les pays où il y a eu une révolution. On avait vu après la guerre des israéliens contre Hezbollah comment l'image de Hassan Nasrallah avait été vénérée dans le monde arabe.
Aujourd'hui les gens déchantent car dans le peuple arabe il y a plus de sunnites que de chiites, et le Hezbollah a attaqué le coeur de la capitale à majorité sunnite. Impardonnable. Et l'image de Hezbollah est devenue celle d'un Hezb... à l'eau.

2- Personne ne s'occupait plus du Liban et ne faisait un effort pour nous aider à avoir un Président de la République, en l'occurrence, le Général Sleimane. Et soudain au lieu de nous envoyer le" vain mousseux" tout seul, on reçoit un groupe de 10 ministres arabes avec à leur tête le Président du conseil de Qatar. Cela devient plus sérieux. Quatorze personnalités libanaises vont aller dialoguer à Doha (au Qatar et non pas à la sortie Sud de Beyrouth... les actions de Sélim n'étant pas encore en...Hoss).

Cela vaux mieux que "CINQ-CLOUS" puisque ce sont les joueurs de premier plan qui vont y aller et non pas les remplaçants comme en 2006.

Le bon roi Henri IV avait dit : "Paris vaut bien une messe" Le huguenot qu'il était avait accepté de se convertir au catholicisme pour devenir Roi de France.
La majorité aurait elle accepté le camouflet d'être obligée de retirer ses décisions, pour gagner la paix durable au Liban ?

Je vous laisse réfléchir à cette diabolique hypothèse...

Puisque l'on nous joue le "cinéma"politique au Liban voici ma chronique du Festival de Cannes comparée à la politique libanaise.
- Le Port de l'Angoisse (To have and Have not de Hawks) dans sa nouvelle version : "L'aéroport de l'angoisse"
-La Mort aux trousses (de Hitchcock): avec pour star Fares Khachan poursuivi par le Hezbollah
-Les 4 Cavaliers de l'Apocalypse (de Vincente Minelli ) dans un remake avec Berri-Nasrallah-Wiam Wahhab et Ali Kanso...

14 mai 2008

Cent quatre vingt deuxième jour sans président de la Raie- Publique et Sixième jour de la République en déroute

Au moment où j'écris cette humeur on me dit que l'on est en train de déblayer la route de l'aéroport afin de permettre aux délégués arabes de passer par le boulevard de la honte comme les partisans du Hezbollah l'ont transformé. Tant mieux pour la délégation arabe. Mais ce qui nous pend au nez c'est que juste après leur départ, les trublions cagoulés ne reviennent avec leurs camions, fermer cette artère vitale pour le Liban, pour toutes les franges de la population. Car il n'y a pas que les sunnites, les chrétiens et les druzes qui voyagent. Le nombre de citoyens chiites que l'on rencontre sur les avions allant ou revenant des pays arabes ou de l'Afrique voire des Amériques est impressionnant et il est indispensable pour que ces familles reviennent au pays. Le boulevard de l'Aéroport est une artère. La traverser en toute sécurité, c'est une ...veine.

Future TV est revenue sur nos petits écrans. Et c'est par une conférence de presse de Saad Hariri qu'elle a commencé ses émissions. Voilà une belle victoire de la démocratie devant l'aveugle attaque sur les media d'information durant la semaine tragique que Beyrouth, la montagne et le Nord ont vécue. Bien sûr toute la semaine passée de nombreux innocents sont morts, alors que le Hezbollah nous avait "promis"un sit-in pacifique.

Mais tout ceci me donne encore plus raison quand dans mon livre "La Télé, quel enfer!" j'écrivais que la grande erreur du gouvernement c'est d'avoir donné des licences de télévision sur des bases politiques et non pas économiques. Un soir après une table ronde tenue à la MTV sur la télévision, j'avais demandé à M. Farid Makari alors ministre de l'Information :"Si demain les élections donnent une majorité qui amènera M. Husein el Husseini à la tête de la Chambre des députes et qu'il vous demande d'avoir une station de télévision, à l'instar de M.Berri, que ferez vous ?"
-It will be a problem, me répond-il.

Et voilà! Le problème est là. Au delà des qualités de chaque télévision, les télés ne peuvent pas, ne doivent pas sans vergogne, dire n'importe quoi, n'importe quand, montrer des images qui frôlent la monstruosité d'ici et de là. Des images qui marquent, Des slogans qui perdurent et des haines qui s'exacerbent."Mentez mentez, il en restera toujours quelque chose"!
Et ne pourrait on pas reprendre cette réplique du Barbier de Séville: "La calomnie, Monsieur, vous ne savez pas ce que vous dédaignez... J'ai vu d'honnêtes gens près d'en être accablés"
Toutes les télévisions "politiques"utilisent la calomnie comme une arme fatale. Hélas.

Ca y est les ports de Jounieh et de Tripoli vont reprendre du service pour emmener les libanais vers Larnaca puis vers les pays de leur destination. Cela veut il dire que l'on n'ouvrira pas la route de l'aéroport et l'aéroport que pour recevoir les ministres arabes et les avions iraniens chargés d'armes? Pendant ce temps les Libanais traumatisés ne peuvent même plus... s'envoyer en l'air.

Une nouvelle en dernière page de L'Orient-Le Jour:
"La petite a cinq ans ? Offrez lui une pedicure Party."
Une explication sur la conduite des filles américaines qui prennent... leur pied de leur jeune âge!

Les films du jour pour honorer le Festival de Cannes:
-La grande Vadrouille (ce que nos soldats ont vécu durant cette semaine)
-La Fureur de vivre (avec James Dean): c'est la détermination des Libanais paisibles
-Le Vice et la Vertu (c'est comme cela que l'on peut qualifier le 8 et le 14 Mars.)Que chacun de mes lecteurs attribuent l'une et l'autre appartenance au camp de son choix.

13 mai 2005

Cent quatre vingt et unième jour sans président de la Raie- Publique et Cinquième jour de la République en déroute

Nous y voilà! Le duc de Berri a reporté l'élection présidentielle prévue pour aujourd'hui au 10 Juin prochain. C'est le 19ème report. Souvenez-vous, quand M. Berri avait remis l'élection une dixième fois j'avais écrit: "Le président de la Chambre semble ne pas avoir été un as en classe et il a toujours été à la recherche d'avoir un 10 sur 10. Et sans doute cherchera-t-il à avoir un 20 sur 20."

Et nous y voilà. Si l'élection du 10 juin se fait nous aurions eu donc la vingtième tentative (réussie) sur 20. Et ce sera tant mieux.
Mais il est évident que ce n'est toujours pas sûr. Et que le 10 juin on le verra remettre la date au mois de juillet etc.

Et ceux qui mettent encore des espoirs dans l'arrivée de "Vain Mousseux" avec son groupe de ministres arabes, devraient revoir leurs calculs. Déjà une des décisions de l'amer Amr est d'arriver par l'Aéroport de Beyrouth et -plus important- d'emprunter (à quel taux d'intérêt aurait demandé mon banquier ...) la route de l'aéroport pour arriver au Centre Ville. Ce qui à l'heure où j'écris est une réalité très aléatoire. Car je vois mal les tonnes et les tonnes de pierrailles et de sable pouvoir être enlevées du boulevard de l'AIB. On avait vu le jour de l'agression de Hezbollah contre Beyrouth combien de temps il avait fallu pour établir ces barrages de pierres.

D'ailleurs pourquoi les pseudos insurgés dans les rues étaient ils tous masqués? Pour qu'on ne les reconnaisse pas? Peut-être mais moi j'ai une autre explication. On a parlé de cet avion arrivé de nuit de l'Iran alors que l'aéroport était fermé. Je présume (mais n'ai point de preuves...) que ce sont des iraniens venus de Téhéran qui ont atterri et qui ont procédé à l'occupation de l'Ouest de Beyrouth. Encore une fois c'est peut être, pour avoir lu tous les OSS 117 et tous les SAS,que j'élucubre à ce sujet. Mais rien n'est impossible. Ceux qui ont pris Beyrouth étaient des pros.
La preuve que ceux qui ont essayé de prendre la Montagne du Chouf, se sont laissé avoir comme des lapins et c'est l'appel de Walid Joumblatt qui les a sauvés.

L'Histoire nous dira-t-elle un jour ce qui s'est exactement passé.

Ce qui est surprenant c'est que les porte paroles du Parti de Dieu prennent leurs auditeurs pour des imbéciles et la lecture des événements par l'un des collaborateurs du Hezb était vraiment digne d'un conte de Perrault. Le style en moins.
Et dans Kalam el Nass, le show de Carlos Eddé face à Rafic Nasrallah a été exceptionnel. Surtout quand il a dit à son interlocuteur : "S'il vous plait cessez de lever l'index et le bouger quand vous êtes en train de parler. C'est comme si vous nous menaciez tout le temps."

De nouveau les Libanais ont trouvé le moyen (quand ils ont les...moyens) de quitter et de revenir à Beyrouth par des routes que nous avions improvisées durant la guerre de 15 ans et que nous recommençons à utiliser. Le port de Jounieh, le petit avion de l'AIB, le départ par la frontière de Kaa au Nord... Au Liban tous les chemin mènent à...la liberté.

Le Duc de Berri a appris que la flotte américaine est revenue devant les cotes libanaises.Il appelle nerveux Condolezza Rice et lui dit
- Ya obbari what the fleet doing in Libanonne?
Et Condy lui répond : Mr Berri keep...COLE"


Les quantités de blé disponibles suffisent à couvrir cinq mois de consommation. Nous aurons des biscottes même si nous n'avons pas de pain, aurait dit Marie Antoinette. C'est vrai qu'elle en avait perdu la tête. Mais les Libanais continuent d'avoir... la tête sur les épaules. C’est ce qu'on appelle une évolution dans la révolution sans en avoir... l'R.

Demain commence le Festival de Cannes. Les Libanais y seront présents avec le film de Khalil Jreige et sa femme.
Je rappellerai ici chaque jour quelques titres de films célèbres qui résument la situation au Liban.
Oscar du film: From here to Eternity (tant qu'il y aura des hommes...comme Fouad Siniora) est la profession de foi dans notre Liban éternel.
-Per un pugno de dollare (Pour une poignée de dollars ) c'est ce qu'a touché l'opposition pour vendre le pays .
-L'auberge espagnole. Une vue de l'esprit de ce qu'est devenue Beyrouth livrée aux vandales.

12 mai 2008

Cent quatre-vingtième jour sans Président de la Raie-Publique
Et quatrième jour de la République en déroute.

Et voilà de nouveau le "Vain Mousseux" qui va revenir au Liban avec une délégation composée d'un ministre Qatari, d'un ministre de Djibouti (mais où est donc Djibouti et quelle est son influence dans la politique arabe)d'un ministre de Yeh-men et d'un ministre algérien. Ils vont essayer de trouver une solution à la crise qui secoue le Liban. Les allées et venues de "Vain Mousseux" s'étaient passées jusqu'à ce jour dans un pays calme avec un aéroport ouvert et un port très actif. Et il en repartait gros Jean comme devant avec des promesses de résoudre les crises. Crises au pluriel tellement il faisait face à une course de 400 mètres haies, obligé d'en sauter l'une dés qu'il avait franchi une précédente, une course qui le ramenait chaque fois à la même première haie. Cher M. Moussa, vous êtes toujours le bienvenu.

Malheureusement, même si vous convainquez le Duc de Berri (qui je l'espère "a mal" en voyant ce qui arrive), d'ouvrir le Parlement pour que les députés en grand nombre aillent voter pour le général Sleimane comme vous l'avez déclaré dans votre conférence de presse. Mais la question peut se poser : depuis mercredi dernier, c'est la chienlit, et la grande muette est devenue vraiment muette, et en plus sourde aux cris de détresse de familles entières prises dans le feu des agressions Hezbollahi. Muette, sourde... et parfois aveugle de ne pas voir les partisans de Wiam "grenouille" Wahab faire flotter un drapeau à moitié libanais et à moitié syrien, insultant ainsi l'emblème de mon pays sans qu'on les arrête pour haute trahison.

Heureusement que vos hommes ont pu arrêter cet assassin sanguinaire qui n'a même pas respecté la mort et qui a balayé de ses tirs le cortège funèbre d'une personne tuée un jour plus tôt par les complices de cet assassin misérable. Nous espérons que l'on ne libérera pas cet assassin "pour équilibre confessionnel".

Je pense aussi à mes amis chiites, qui conspuent ce qui arrive, qui ne reconnaissent pas l'hégémonie du Hezbollah mais que leurs amis regardent avec méfiance maintenant à cause de cet amalgame horrible de considérer que tout chiite est un sympathisant du Hezbollah et qui se préparent(mes amis) à quitter le pays à la première occasion pour ne pas voir des regards malveillants. Et on ne peut que leur demander pardon pour la réaction de leurs amis.

Toutes les personnes dans mon entourage n'ont qu'une seule question à poser: le 14 Mars, avait-il raison de prendre les dispositions qu'il a prises sachant bien que cela ne pouvait qu'exacerber la hargne de Hezbollah et les pousser à attaquer les quartiers de Beyrouth Ouest et la région d'Aley obligeant les uns et les autres à se rétracter pour sauvegarder leurs régions? Moi je réponds que dans sa fable : Le Loup et l'Agneau La Fontaine avait trouvé la réponse quand le loup dit à l'agneau: Si ce n'est toi c'est donc ton frère. Et que le Hezb était prêt depuis longtemps avant d'entamer la guerre "si vile" contre le 14 Mars.
Et aurait pu trouver n'importe quelle raison pour mener sa politique d'attaque. Car "La raison du plus fort est toujours la meilleure."

Mais pas nécessairement celle qui gagnera en fin de compte. Les sunnites dans le monde arabe sont plus de 80% et ils ne peuvent laisser s'ancrer la puissance iranienne sur les bords de la Méditerranée. Il faut s'attendre à une réaction. D'où et comment arrivera-t-elle? Wait and see.

Réussira-t-elle? Que la Ligue arabe ait flanqué Vain Mousseux de quatre ministres pour venir au Liban voudra dire qu'il y a quelque chose de plus sérieux qui se prépare.

Pour terminer, Merci à tous ceux qui m'ont écrit pour demander de mes nouvelles et de saluer ce blog libre de dire ce qu'il pense. Le journal Libération dans son site Liberation.fr, me fait également l'honneur de me citer dans son numéro du 10 Mai.

Tant qu'il y aura des personnes qui s'intéressent au bien être de mon pays, il faut espérer que le Liban, patrie de la coexistence sera toujours gagnant.

10 mai 2008

Cent soixante-dix huitième jour sans Président de la Raie- Publique
Et deuxième jour de la République en déroute

Avez-vous vu la formidable prestation faite par cette journaliste de talent qui s'appelle Sahar Khatib, se révolter sur les ondes de la LBC au cours du programme Kalam Al Nass et invectiver tous ceux que nous avions acceuillis durant la guerre d'Israel contre le Liban? Un moment rare de télévision, de courage,d'emotion qui a amené les larmes aux yeux de Marcel Ghanem, de Nadim Mounla et je suis sûr de tous ceux qui regardaient le programme Kalam el Nass.
NOUS SOMMES TOUS DES SAHAR KHATIB

Comme vous le savez,ce blog est une affaire de famille et mes enfants Josyane et Naji se sont occupés de toute l'infrastructure de cette humeur quotidienne que je vous livre.
Hier, Josyane a envoyé à de nombreux amis un état d'âme personnel. Dont je me permets de faire mon humeur du jour.
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Je suis triste
Je suis triste et j’ai honte.

Pour la millionième fois, les médias ont montré le visage « civilisé » du Liban.
Tous mes amis le savent. Je ne suis ni 8 mars ni 14 mars.
J’ai toujours été à la recherche de cette troisième voie (x) qui représente vraiment le Liban que je veux.

Aujourd’hui je perds tout espoir.

Parce qu’une fraction du peuple a pris les armes contre une autre fraction du peuple.

Parce que, depuis des années, des fous sanguinaires mégalomanes assoiffés de vengeance nous dirigent droit vers l’enfer. Parce que Aoun hait Geagea et Hariri, parce que Hariri déteste Nasrallah, parce que Joumblatt ne supporte pas Wahab, parce que Frangieh a horreur de Geagea etc. et que chacun veut anéantir l’autre.

Ce qui est arrivé ces dernières 48h n’est pas une guerre contre un gouvernement. Mais une vengeance personnelle.

Et nous, peuple « belrou7beldamiste », avons crée des assises populaires à ces monstres qui n’ont jamais eu en tête que leurs réussite personnelles, leur désir de pouvoir.

Et voilà où nous en sommes. Pour imposer une loi, fausse, vraie ou la meilleure, on prend les armes. On tue, on brûle, on dévalise. Et ça peut recommencer à tout moment. D’un côté comme de l’autre.

Et des jeunes qui n’ont pas souffert de la guerre des 15 ans (la première…) klaxonnent et pavoisent dans la rue. Nous n’avons plus de tolérance, nous n’avons plus de limites, nous sommes menés par notre fanatisme aveugle, religieux ou politique.

Je ne sais pas lequel d’entre vous se retrouve dans ce Liban là.
Pas moi.

Le Liban ne me ressemblait plus déjà depuis quelques années. Aujourd’hui, Mon Liban est mort.

Et nous en sommes TOUS responsables.

Aoun tout à l’heure a rassuré les Libanais que dorénavant les rues seraient en sécurité.
Sleimane Frangieh au début des années 70 nous avait promis « vous pourrez dormir les portes de vos maisons ouvertes… »
15 ans de guerre civile ont suivi.
Et comme nous n’avons rien appris…

09 mai 2008

Cent soixante-septième jour sans président de la Raie Publique
Et premier jour de la Raie-Publique en perdition

Je n'ai vraiment pas envie de vous livrer mon humeur du jour car je suis de très mauvaise humeur. Je pensais en avoir terminé avec tous les combats de rue qui ont endeuillé ma capitale.

Voilà pourquoi je vous propose de revenir à la page de garde et où il y a le contenu de mon livre "AMERTUMES" que j'ai écrit en 1990 suite à la blessure de ma fille Josyane par un obus.

Nous avons repris tous les poèmes que j'avais écrits à la suite de cette blessure. Il y en a un qui s'appelle Delenda Berytus page 66. Ce poème est trop long (version complète - page 25 dans le catégorie Bibliographie/Amertumes du blog - voir plus bas) et je vous en livre une des strophes dans l'espoir qu'elle vous poussera à lire tous les autres. Le sixième vers est particulièrement prémonitoire.

Beyrouth, des hommes ont massacré ton immortalité
Dessinant ton déclin comme la fatalité
Des réfugiés "paisibles" venus de Palestine
Des soldats "innocents" envoyés de Syrie
Une armée fantastique dévalant d'Israël
Des intégristes hirsutes prenant parti de Dieu
Et maintenant NOUS qui t'avons tant aimée
Nous sonnons l'hallali devant ton agonie
Nous t'avons dépecée entre l'Est et l'Ouest
Puis nous t'avons tranchée entre un Est et l'autre Est
Et nous te regardons lézarder ton visage
Comme des rides au front sous le poids de carnage
Les peuples vivaient en toi dans l'espoir de mourir
Pourquoi a-t-on voulu é tout prix te détruire?

Voilà. Prions que vous serez nombreux à me lire encore demain. Aounallah a parlé et a appuyé ce que fait Hezbollah à Beyrouth. Ne l'avait il pas bombardée en 1989?
Smile.

08 mai 2008

Cent soixante-sixième jour sans président de la Raie- Publique

Et comme je le disais hier, il semble bien que nous vivions les derniers jours de la République de 1943, basée sur l'entente nationale et sur l'équilibre des confessions chrétiennes et musulmanes. La raison aurait voulu que je n'écrive cette humeur qu'après avoir écouté le discours de Hassan Nasrallah, dans lequel sans doute il va faire sauter la baraque surtout après le message musclé (pour la première fois) du Mufti Hassan Khaled.

Nous nous sommes réveillés ce matin comme si nous sortions d'un long cauchemar que nous n'avons aucun moyen d'arrêter. Durant toute la journée d'hier, nous avons regardé, en direct, la mort annoncée de notre République sous les coups de boutoir de gens armés, de camions remplis de sable, de vespas qui apportaient les vivres aux combattants, qui ne pouvaient pas avoir été mobilisés en une nuit. L'acte était prémédité : "Mort annoncée d'un pays en péril".

Coupés du monde par des frontières fermées, un aéroport occupé et des accès ensablés, nous en étions quittes à regarder la mort lente de la démocratie menacée par un fascisme qui n'ose pas dire son nom et qui nous attend au détour de chaque rue, de chaque avenue, de chaque quartier. Les jeunes guerriers étaient fiers d'avoir conquis un trottoir, d'avoir cassé des vitres, d'avoir brûlé des voitures. Comme s'ils clamaient leur indépendance. Mais quelle indépendance et l'indépendance de qui, de quoi. L'immense gabégie ne peut nous mener, nous les paisibles et eux les guerriers, que vers l'abîme du non-État, de la non-gouvernance, de la "chienlit" (mot employé par de Gaulle quand les insurrections de Mai avaient menacé la République Française).

Est-il possible que le Hezbollah gagne? Oui, mais quel pays gouvernera-t-il? Est-il possible que le Gouvernement gagne? Oui, mais quelle frontière territoriale aura son autorité? Est-ce possible que les chrétiens restent insensibles dans leur "région" à ce qui se passe chez leurs frères en face? Non, bien sûr mais quelle autorité ont-ils encore sans président de la République chrétien, avec un chef de l'armée qui hésite à faire un coup d'Etat alors que tout le monde le plébiscite et qui a les droits d'éradiquer les terroristes de Nahr el-Bared, mais pas le droit d'interdire à des hommes armés de cesser de tirer et de brûler des voitures. Et avec des leaders chrétiens qui ne savent plus sentir que le vent ne souffle ni en leur faveur ni en faveur d'un Liban uni mais d'un Liban meurtri et divisé.

Nous sommes à un croisement de l'Histoire. Nous pensions en avoir fini de ces affrontements fratricides dans les rues de Beyrouth. Mais les alliances contre nature qui ont été signées dans une église viennent confirmer que de plus en plus qu'il est difficile de s'entendre tant les brouhahas et les cris des combattants se mêlent au bruit des balles et des RPG et établissent un véritable dialogue de sourds.

Le grand perdant dans tout cela c'est bien sûr Aounallah, qui n'a pas réussi à mobiliser un seul de ses fans à descendre dans la rue comme en Janvier 2007 pour brûler les pneus et mettre la gabégie dans le camp dit de l'EST. Notre peuple n'a pas suivi. Et Aounallah ne peut plus se targuer d'être le leader absolu de la région chrétienne. Comme le général Boulanger dans le temps il faut qu'il choisisse une partie du dilemme que lui avait posé Paul Déroulède : "ETRE OU DISPARAITRE"...Hier il n'était pas...

Quelques sourires pour vous changer d'ambiance:

Le Président des Syndicats Unis au Liban M Ghassan Ghosn n'a eu qu'une poignée de travailleurs venus faire la marche avec lui. Il a dû être obligé d'annuler sa marche. Autrement dit il a été "débranché" (Ghosn en arabe = branche)

Un grand violoniste américain Philippe Quint avait oublié son stradivarius d'une valeur de 4 millions de dollars dans un taxi. Le chauffeur de ce dernier Mohammad Khalil le lui a restitué. Le violoniste a offert un concert de violon à tous les chauffeurs de l'aéroport. Questionné sur son geste le chauffeur a répondu : "Je ne voulais pas finir au..."violon"

Pour ce long week-end de la Pentecôte le temps sera très beau en France. Une occasion pour que toutes les femmes aillent à la plage pour se dorer au soleil. A la grande satisfaction de Sarko:"Maintenant toutes femmes françaises seront "Bruni..."

"Sous les Bombes" de Philippe Aractingi est projeté dans les cinémas des Champs Elysées. Ses copains lui ont fait ..."la bombe"(sans doute pour ne pas trop l'éloigner du quotidien libanais)


07 mai 2008

Cent soixante cinquième jour sans président de la Raie-Publique

Et ce matin sans journaux en raison de la commémoration des Martyrs de la Presse, pourrait être le dernier jour de la République de 1943, tellement les choses se dégradent avec les heures qui passent.

Les images diffusées par la télévision sont pénibles à voir. (Je parle des régions sous influence Hezbolla et Amal)

Surtout celles que Mona Saliba est en train de nous diffuser à partir de la route de l'Aéroport.

Et qui nous font revenir à nouveau le slogan de la guerre "Halate Hatmann." et dont j'avais précédemment parlé dans un de mes blogs. Car "l'encerclement" de l'Aéroport Rafic Hariri -cette appellation ajoutant à la fureur des "encercleurs"- devient dangereuse et l'aéroport lui même est l'otage
des humeurs d'un parti qui est en plein parti pris pour fonder son Etat dans l'Etat et qui profite d'une grève sur "les tas " pour couper la route de l'AIB avec ce nombre incroyable de camions de sable qui ont été déversés sur la route. Et il est improbable que la route soit dégagée avant 4 heures de l'après midi heure fixée pour la fin de la grève. Et tous les avions qui vont atterrir vont faire descendre des voyageurs qui seront prisonniers de la grève et devront attendre avec femmes et enfants dans l'enceinte (tellement on l'a violée qu'on l'a engrossée...) de l'aérogare.

Le Liban de tourisme ne peut plus rester otage de cet encerclement et la solution de créer un autre aéroport doit être prise. A Hamate par exemple car ce serait ainsi créer un aéroport pour servir les habitants du Nord et qui sera utilisé par tous ceux qui ont peur du chantage de l'AIB.
Ce sera une arme de pression de moins entre les mains des opposants au régime actuel.

Pourtant il y a un point positif. Toutes les régions entre Gebeil et et le Metn ont vu un calme parfait et une circulation loin d'être rare. Tous nos employés venant de toutes les parties du Liban sont à leur poste. Cela me conduit à une conclusion:l'appel de Aounallah de faire la grève jusqu'à faire tomber le gouvernement n'a pas du tout été suivi. Et devient une preuve tangible de la perte de vitesse de son mouvement et de sa popularité. Et les élections, si elles avaient lieu aujourd'hui sans l'appui de son allié dissident Michel Murr lui seraient néfastes. Le Libanais est conscient qu'un gouvernement même tronqué mais gardant sa représentativité, est mieux que pas de gouvernement. Les Libanais ne sont pas encore prêts pour un pronunciamiento.

Mais un glissement vers un partage du pays se fait de plus en plus présent.
Dieu nous préserve des jours à venir.

Le 22 Juin, il y aura au Liban la Béatification du Père Yaacoub (Jacques). Prions pour que ce faiseur de miracles trouve le miracle nécessaire pour sauver ce pays.

06 mai 2008
Cent soixante quatrième jour sans président de la Raie-Publique

Le 6 mai était habituellement chômé car c'était la commémoration des Martyrs .Mais depuis les potences dressées place des Martyrs durant la première guerre mondiale pour exécuter les opposants à la dictature ottomane,il y a eu tellement de martyrs que l'on ne sait plus comment et ou les commémorer, la place des Martyrs ayant été scindée elle même en deux: La Place du 14 Mars et la Place du 8 Mars, plus connue par La Place des Tentes. Qui ne tentent plus personne d'ailleurs. La contrepèterie suivante définit bien l'état de nos martyrs. Un proverbe dit: partir c'est mourir un peu. La contrepèterie la transforme: Martyr c'est pourrir un peu.
Dans le temps Dudul, aux Dix Heures disait: Barbir c'est mourir un peu, en parlant de tous ceux qui avaient été assassinés à l'intersection des quartiers Est et Ouest de Beyrouth.

Pourvu qu'il n' y ait pas de nouveaux martyrs demain. Car l'appel de AOUNALLAH est net:Descendez dans la rue pour faire tomber le gouvernement. Ben oui lui aussi applique les proverbes. Ne dit on pas" En Mai ce qui te plait."
Alors Mon général y va de son exhortation à la gabégie. Car c'est à une grève pacifique qu'il avait également appelé en février et ses alliés avaient transformé les rues même les plus calmes en véritables forteresses de blockhaus, et les miliciens du Hezbollah aidant de véritables affrontements s'étaient déroulés laissant des cicatrices profondes non seulement dans le paysage libanais mais également dans le coeur des libanais.
Aounallah ne se rend plus compte que ce pays n'en peut plus de voir ses enfants, ses vrais, s'affronter dans les rues pour des causes inutiles. Et tout cela prouver que c'est lui le seul président de la Raie-Publique qui peut retenir la rue. C'est dommage d'en être arrivé là.

Même mirage des désillusions du côté du Gouvernement qui a pris certes de bonnes résolutions mais reste à savoir comment il va les appliquer. Il a passé une nuit blanche pour éviter des journées noires, ce gouvernement.

Il a mis hors la loi le réseau de télécommunications de Hezbollah. Il a condamné les caméras de surveillance à l'aéroport. Il a muté le chef de la sécurité de l'aéroport. Et comment va-t-il appliquer sa décision : en libérant le Sud de Hezbollah, alors que ce dernier a fait subir sa première défaite à Israël. En fonçant avec ses tanks sur Dahyeh pour démanteler le réseau téléphonique.

Hélas l'Etat dans l'Etat est, je pense, irrémédiablement ancré dans la vie politique libanaise et cet état se gère sans président de la Raie Publique. Même si Aounallah est leur président désigné.

Bonne nouvelle pour les salariés .Ils vont avoir une augmentation de 200.000 L.L. sur le minimum garanti. Pour lutter contre la vie chère et rester en vie, cette vie qui leur est très chère. Le "sale air" c'est les chefs d'entreprise qui vont l'avoir maintenant

Le patriarche est à Qatar en même temps que Cheikh Amine Gemayel. C'est pour des raisons tout à fait religieuses que l'ancien président de la république est là. A la messe, quand le patriarche dit: Bi essem al Ab wal Ebn, wal Rouh el Qodos, le président répond: AMINE!

Un plat de hommos de 4 mètres de diamètre va être classé dans le Guinness Book. Dans la rubrique des "Hommos-sexuels " peut être ???

J'espère que la grève ne m'empêchera pas d'être au rendez vous de mon blog demain.

Bonne journée quand même.

05 mai 2008

Cent soixante troisième jour sans président de la Raie-Publique

Quel week-end. D'un côté un temps magique comme sait le faire le mois de mai:ciel pur, mer calme, air relativement frais et tout le Liban en dehors de la maison pour profiter des promenades et de la mer. De l'autre côté des conférences de presse et des réponses à ces conférences qui sont en train d'attiser le feu de plus en plus et qui découragent ceux qui veulent venir au Liban pour passer leurs vacances. Que sont ces containers dont Walid Joumblatt a parlé? Que sont ces déclarations du Hezbollah où on lit que personne n'a le droit de toucher aux armes et au réseau de télécommunications de ce que l'on appelle la résistance et qui mène sa résistance à partir des camps de Beyrouth et de l'aéroport Rafic Hariri (Comme ça doit les gêner cette appellation!!!).

Alors sous prétexte de la Résistance nous voilà à la merci d'un groupe d'hommes armés,qui obligent les jeunes d'aller faire des stages de militaires en Iran, qui installent leur réseau de télécommunications et qui n'admettent plus l'Etat Libanais puisqu'ils veulent leur propre État irano-syrien.

Comment voulez vous dès lors qu'ils acceptent l'élection d'un président de la république et vous avez remarqué que j'ai dit "d'un" président sachant que ce n'est pas le général Sleimane qui bloque leur choix mais bien le fait d'élire un président. J'irai même jusqu'à dire que probablement ils ne voudrant même plus de Michel Aoun, leur allié, car c'est la vacance du pouvoir qui est leur but.
Dans quel "État j'erre" soupirait ce placard!!!

Il y a eu des affrontements armés nocturn

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Jean-Claude Boulos

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