Articles publiés dans la presse

01.08.11

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Les sources de La Fontaine
L’Orient-le Jour (Lundi 3 Août 1992)

Que la lecture des Fables de la Fontaine est édifiante de nos jours. A chacune des fables sa morale qui s’applique à nous et à notre situation comme si l’ami Jean n’avait point puisé l’inspiration chez Esope mais bien plus dans cette ménagerie qu’est devenue la scène politique libanaise avec tous ses politiciens ou ses polichinelles.

Notre histoire comme le Chat, la Belette et le Petit Lapins. Et pour peu qu’on remplace le Chat par un pays voisin, la Belette par le palestinien et le Petit Lapin par le libanais, vous y verriez la véritable histoire de la guerre entre 1975 et 1982 quand

"Grippeminaud le bon apôtre jetant des deux cotés la griffe en même temps
Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre."

et de conclure
"Cela ressemble fort aux débats qu’ont parfois les petits souverains se rapportant aux rois".
Mais avez-vous jamais lu la Fable des Deux Coqs. Elle commence ainsi :

"Deux coqs vivaient en paix : une poule survint. Et voilà la guerre allumée".
La poule, ce pouvoir, qui une nuit de 31 janvier amena une guerre qui se termina (?) le 31 octobre 90 avec cette conclusion (toujours dans les Deux Coqs)

"La Fortune se plait à faire de ces coups tout vainqueur insolent (sic) à sa perte travaille. Défions-nous du sort, et prenons garde à nous".
Après le gain d’une bataille y a-t-il meilleur conseil au pouvoir actuel? Mais le pouvoir actuel sait qu’il est le Pot de fer marchant auprès du Pot de terre que forme l’opposition :

"Le Pot de terre en souffre, il n’eut pas fait cent pas que par son compagnon il fut mis en éclats" Sans qu’il eût lieu de se plaindre et la conclusion morale vient comme un couperet :
"Ne nous associons qu’avec nos égaux ou bien il nous faudra craindre le dessin d’un de ces pots". Je ne vous ferai pas l’insulte de vous rappeler le premier vers du Loup et de l’Agneau :

«La raison du plus fort est, toujours la meilleure» mais savourez la morale de la fable qui s’adapte si bien à ce qui s’est passé à la LBC :
"Quel que soit le plaisir que cause la vengeance,
C’était un buste creux, et plus grand que nature,
Le renard, en louant, l’effort de la sculpture"

et je ne peux pas m’empêcher de demander au gouvernement de lire «La Grenouille et le Rat» qui conclut :

"La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur".

Mais connaissant qui se trouve derrière tout ce mouvement, ne pourrait-on pas conseiller à tous les petits partis qui s’agitent ensemble (alors qu’hier encore ils se battaient l’un contre l’autre, ce qui a conduit à ce que l’on sait) de lire Le Jardinier et son Seigneur qui se termine ainsi :

"Petits Princes, videz vos débats entre vous
de recourir aux rois, vous seriez de grands fous
il ne les faut jamais engager dans vos guerres
Ni les faites entrer sur vos terres"
(eh oui !)

Et le Dr Samir Geagea n’aurait-il pas dû lire le Chat et le Vieux Rat, avant de se faire «piéger» à la Quarantaine :

"J’approuve sa prudence, il était expérimenté, et savait que la méfiance est mère de la sûreté".
Personnellement, je voudrais dire à tous mes amis libanais de lire les Loups et les Brebis:

"Nous pouvons conclure de là Qu’il fait faire aux méchants guerre continuelle La paix est fort bonne de soi, J’en conviens : mais de quoi sert-elle Avec des ennemis sans foi ?"

Une fable spéciale est dédiée au parti Kataëb qui tergiverse jusqu’à ce jour sur l’affaire des élections. Sans doute a-t-il des promesses pour d’autres sièges électoraux. Mais dans Le Petit Poisson et le Pêcheur il pourra lire :
"Un tiens vaut, se dit-on, mieux que deux tu l’auras, l’un est sûr, l’autre ne l’est pas".Je suis persuadé que beaucoup de libanais vont se lancer dans la re-lecture des Fables de La Fontaine et qu’ils vont appliquer à l’un ou à l’autre de nos politiciens les morales de ces superbes chefs-d’oeuvre que sont les Fables.
Permettez-moi de conclure cette lettre par une dernière fable Le Renard et le buste. A qui s’applique-t-elle ? A vous de le décider :
"C’était un buste creux, et plus grand que nature,
Le renard, en louant, l’effort de la sculpture
Belle tête, dit-il, mais de cervelle point.
Combien de grands seigneurs sont bustes en ce point".

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Jean-Claude Boulos

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