AMERTUMES (1990)

03.08.08

AMERTUMES (1990)

Permalien 14:40:09, Catégories: Bibliographie, Amertumes  

Quand je te reverrai

Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois
Quand le drame d'aujourd'hui
Sera dans l'autrefois
Quand je te reverrai l'ami
Je te dirai ce que tu as été pour moi
A travers les coups de fil
Qu'on se donnait chaque jour
Pour se dire salut, çà va bonjour
Pour partager nos peines
Et pour compter nos bombes
Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois
Je te dirai tout çà

Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois
Toi qui n'habites pas ici
Mais qui comme autrefois
As vibré à l'appel de ma désespérance
Quand je te reverrai l'ami
Je te dirai toute l'espérance
Que tu as fait naître en moi
A travers les coups de fil
Que tu donnais pour moi
A l'ami, au parent, aux compagnons de joie

Pour leur dire je vis
Pour qu'ils disent moi aussi
Pour partager nos joies
D'être encore vivants
Pour partager nos peines
D'être des morts vivants
Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois, je te dirai tout çà.

Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois
Toi que je ne connais pas
Car je ne t'ai pas connu
Mais qui as partage le néant
Avec moi et le temps
Qui as souffert comme moi
Toute cette absurdité et sans voix
As subi la mort à tes côtés
Quand je te reverrai, l'ami
Je verrai dans tes yeux
Les souffrances perdues
L'abandon de dieu
Les stigmates de l'angoisse
Dans l'angoisse étranglés
Je verrai sur ta bouche
La détresse des mots odieux
Que tu n'oses pas dire
De peur de déranger les dieux
Qui commandent de mourir
A même l'asphalte, à même l'herbe
A cause d'un mot, à cause même l'herbe
A cause d'un mot, à cause d'un verbe
Je verrai sur tes mains
Les tremblements furtifs de la peur des matins
Fumeux, noirs et hostiles
Qui te retrouvent vif
Mais mort à l'intérieur
Mais mort dans le bonheur
Tes mains qui brassent le vent
Sans même le saisir
Qui battent le temps
Les secondes pour mourir

Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois
Angoissé, malade de froid
Je te dirai, l'ami, que moi
Tout comme toi
Je suis angoissé, livide, malade de froid
Malade d'un pays qui se tue
Malade d'un pays inconnu
Où je n'ai pas grandi
Où tu n'as pas vécu
Un pays qui ne semble plus être
Ni le mien
Ni le tien
Ni le nôtre

Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois
Demain à la sortie de l'abri
Vingt cinq, Boulevard de la Mort
Et que l'on comptera les corps
Qui sont tombés sans nous
Qui sont tombés sans noms
Nous tomberons à genoux
Pour supplier les vivants
D'arrêter le temps
Et nous faire revenir en arrière,
L'ami,
Vingt cinq Avenue de la Vie
Une avenue sans guerre
L'ami,
Une avenue sans peur
Sans angoisse, sans malheur

Quand je te reverrai, l'ami
Si je te revois
Je te dirai tout cela, l'ami
Tu me diras tout çà, l'ami
Tu me diras la vie.

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Jean-Claude Boulos

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