AMERTUMES (1990)

03.08.08

AMERTUMES (1990)

Permalien 14:40:09, Catégories: Bibliographie, Amertumes  

Centre Ville

On disait autrefois
C’est détruit comme
Le Centre Ville
Si beau jadis
Si vivant dan ses vestiges
Si palpitant dans sa place
Si vibrant dan ses klaxons
Et maintenant si glas
Dans on néant.

Aujourd’hui tout le pays
Est détruit comme
Le Centre Ville
Vil !

Ces Choses simples

Mon esprit est troublé et j’ignore où
Je suis qui je suis et ce que je fais.
Molière

Ces choses simples qu’on faisait
Sans réfléchir
Par habitude
Apprises simplement
Comme on apprend la vie
Quand les referons-nous
Dans le temps de survie

Ces choses simples qui étaient devenues
Aussi quotidiennes
Aussi essentielles
Que la vie de chaque heure
A toutes les heures de l’année
Quand les referons nous
Dans le temps de l’après

Prendre une douche d’eau chaude
Giclant fort
Sur le corps
Ruisselant de gouttelettes
Fermer les yeux d’extase
Goûter à ce bonheur
De humeur la vapeur
S’oublier, oublier le temps
Du compte gallon
Du compte litres
Du compte gouttes

Entrer hardiment dans une cage
Et presser un bouton
Qui nous prend à l’étage
Prendre le vertige des hauteurs
Dans une cage d’ascenseur
Redescendre, pour remonter
Rien que pour le plaisir
De commander
A la machine hier sourde à nos désirs
Oublier le temps
Des marches d’escalier
Des marches à pied
Des marches casse pieds

Presser hardiment sur un interrupteur
Pour voir la lumière inonder les chambres d’intérieur
Sans avoir à écouter
La cacophonie en ut moteur
La crécelle du dessus placée sur le balcon
Le ténor du voisin placé dans le jardin
Le tousseteux de l’autre installé sur le toit
Le basson di bistrot qui ne s’arrête pas
Ne plus avoir à allumer
Des bougies en plein jour
Oublier le temps
Du compte litres
Du compte essence
Du contre sens

Soulever un téléphone et former
Un numéro d’appel
Et entendre l’abonné
A l’autre appareil
Répondre à nos questions
Nous en poser bien d’autres
Sortir de cet îlot
Où les ilôtes nous ont exilés
Sortir de note incommunicabilité
Parler ici parler d’ailleurs, aux quatre coins du monde
Crier le ciel est bleu la terre est ronde
Oublier le temps
De l’isoloir forcé
De l’isoloir muet
De l’isoloir pitié

Reviendra-t-il le temps des choses simples
Oubliera-t-on le « temps des malentendus »
Referons-nous des gestes simples
Oubliera-t-on un jour tous les gestes qui tuent.

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Jean-Claude Boulos

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